La seule personne que Lino Ventura a HAÏE jusqu’à son dernier souffle
Certains mystères ne s’échangent qu’à voix basse au fond des couloirs obscurs là où le cinéma français cache ses spectres. Le cas de l’innoventura était précisément de cette trempe. Ce secret, il l’aura gardé jalousement jusqu’à son dernier souffle. Dans un plateau désert, l’éclat d’un projecteur oublié dessinait son visage comme une balafre.
Les effluves d’un méga de tabac froid stagnait encore dans cette atmosphère pesante de silence. Ventura scrutait cette abîme immense qui reste sans réponse cet endroit où sentèrent il les vérités qu’un individu ta par fierté. Un nom précis lui provoquait une haine viscérale unique un nom qu’il n’aura jamais cité en public mais qu’il aura traqué tel une présence obscure et tenace.

Le milieu s’en doutait tacitement. Les coulisses le percevaient sans mot dire. Il s’agissait d’un non dit de coulisse de ces vérités qui grincent désagréablement comme les gons d’un théâtre passé minuit. Lino avait consacré son existence à fuir le bal des faux semblants. Il n’ignorait rien d’épique. Meurtrière de cette jalousie qui pollue les tournages ou des coups bas masqués par les applaudissements.
Si le grand écran l’avait couronné, il lui avait aussi tout dérobé. Il restait ses uyayades glaciales des phrases qui cognent sans bruit, ses mépris qui rabaissent. plus qu’il n’it gratigne, Ventura n’avait rien oublié de tout cela. Dès lors, il s’était forgé son propre index, un répertoire occulte inscrit dans la roche inflexible de sa réserve.
Cinq identités, ces cinq visages, ces cinq meurtrissures. Ils n’étaient jamais apparu ensemble durant une interview ou dans un ouvrage. Pourtant, il stagnait dans cette pénombre où le soleil ne pénètre plus. Ses proches qui l’ont côtoyé vers son crépuscule ont perçu ce malaise bizarre, cette manière de s’enmurer dès qu’un patronyme particulier était évoqué.
Lino se taisait obstinément mais son mutisme était éloquent car avant d’atteindre ce nom final celui qui l’exécrait par-dessus tous quatre autres le précédent. Quatre personnalités ayant marqué son parcours tel des chocs assé en douce. quatre volets d’une lutte larvée dont les spectateurs n’ont jamais soupçonné la réalité profonde.

Pour saisir cet inventaire, il convient de se rappeler sa véritable essence. L’inoventura n’était nullement destiné au grand écran. Il n loin des projecteurs en 19 au sein d’une humble demeure à Parme. Rien n’était radieux durant sa jeunesse. La morsure du froid, l’angoisse de la pénurie et la modestie d’exilés italiens.
À son arrivée en train de s France, il se confronte à deux réalités. D’abord le labeur acharné, ensuite la brutalité feutrée du jugement porté sur celui qui vient d’ailleurs. Sa diction transalpine devient son boulet initial. On le raille, on les conduit, on lui assène qu’il ne s’intégrera jamais à l’identité nationale. Lino contracte les mâchoires.
Ce tic de défense, il le conservera éternellement. Lutteur avant de devenir comédien, le ring lui enseigne l’isolement. Les planches lui feront découvrir le goût amer du dédin. Ses débuts sont impitoyables. On le condamne avant la moindre réplique. On l’observe tel un intru. Ce faci trop fermer cette carrure imposante ce comportement jugé bien trop sec.
Les recruteurs martellent qu’il manque de finesse pour les têtes d’affiches. Au sein de certains projets, on pu de ses séquences en douce. Ailleurs, on l’incite à polisser son tempérament comme si sa propre nature était un défaut majeur. Les journaux de ces années-là se montent tout aussi féroce. La revue cinéma le décrit comme un interprète trop rigide pour charmer.
Paris match le cantonne à ce portrait d’ours mal léché. Lino dévorou. Chaque mot le blesse comme un stylet à serrer. Sans broncher, il érige son mutisme en cuirasse autant qu’en cellule. Dès que l’industrie finit par lui ouvrir une porte, la facture s’avère déjà colossal. Les antagonismes naissent prestement.

Quelques partenaires supportent mal qu’un déraciné parvienne à dominer l’affiche. D’autres perçoivent un danger, un rappel singlant que le génie se passe de courtoisie pour crever l’écran. Lino enregistre tout. Ses yeux dédaigneux en coulissent ses rictus de façade durant les cocktails mondins du milieu ses messes basses distyées pour démolir sournoisement son image publique.
Chaque affront sculpte davantage l’homme qu’il s’apprête à devenir. Un bloc de granit taillé par la suspicion. Un comédien qui incarne ses rôles comme une parade. Un homme dont la tendresse est rare et la foi inaccessible. Au travers de ce parcours de mutisme et de plai. Cinq identités, cinq silhouettes, cinq visages ontqué des stigmates que même le succès n’aura su gommer.
Cinq patronymes ont ciselé les balafres qu’il traîna durant son existence. En 5e position, Jean-Louis Trintignan. Il représentait cet affront qu’il n’a jamais pardonné. Trintignan n’était pourtant pas un adversaire officiel. Aucune querelle médiatisée, aucun tumulte flagrant. Juste une entaille subtile aussi tranchante qu’un éclat de verre sous l’épiderme, une meurtrissure.
Tout a débuté par une soirée amer, un moment où Lino espérait la reconnaissance mais s’est heurté au mépris du silence. Cette rivalité prend racine vers la fin des années 1961, époque où le 7e art réclamait du 109. Jean-Louis plaisait énormément à cause de sa sérénité apparente et cette vulnérabilité discrète que la presse spécialisée adorait.
À l’opposé, Lino restait prisonnier d’une étiquette de brute épaisse d’un comédien restreint au personnage austère. Durant une audition cruciale, leurs deux destins vont se télescoper lors d’un duel artistique. Ventura se présente le corps tendu, l’esprit conquérant et prêt à en découdre. Pourtant, on le force à stagner dans un vestibule glacial au milieu d’équipe technique qui ne le regarde même pas.
Mais dès l’instant où Trintan paraît, l’ambiance se transforme du tout au tout. Les gens s’empressent autour de lui avec ferveur le traitant déjà comme le digne successeur des grands maîtres. Silencieux dans son coin, Lino enregistre chaque détail. Ce désaccord rien à un affrontement direct. C’était bien plus sournois.
C’était le supplice de l’analogie permanente. Les journaux ne juraient que par Jean-Louis. Le magazine Paris Match affirmait haut effort qu’il était le nouveau visage de l’émotion tricolore. Mais derrière ces éloges, le grand Lino percevait un sous-texte bien plus cruel. Il comprenait ce qui restait non dit, que sa propre présence symbolisait une époque révolue, que ses traits évoquaient un pays trop brutal et sans artifice.
Cette opposition radicale agissait comme une agression feutrée mais dévastatrice pour celui qui avait sacrifié tant d’efforts afin d’être enfin reconnu par ses pères. La déchirure s’aggrave subitement durant la mise en voie d’un script. Très investi Ventura suggère de donner une dimension bien plus ténébreuse au protagonistes. Le cinéas semble perplexe.
C’est alors que Jean-Louis esquisse un sourire et murmure que ce protagoniste nécessite moins de lourdeur et davantage de délicatesse. Ce terme précis raisonne alors comme un verdict sans appel. Subtilité. Pour Lino, le message est limpide. Il ne s’agit pas de talent mais d’une attaque intime d’un véritable procès de sa personne.
L’assistance s’esclaffe avec légèreté alors qu’il reste de marbre. À cet instant précis, il voit le contrat s’évaporer. Ses doutes se confirment rapidement à peine quelques hines s’écoulent avant que la production n’officialise Jean-Louis. Personne ne prend la peine de téléphoner à Lino. Ce qui le blesse, ce n’est pas d’avoir perdu le rôle, mais le procéder employé.
C’est ce sourire mielleux servant à l’écarter poliment. Cela découle de cette sensation d’être condamné par une icône que l’industrie surprotège. Jean-Louis n’a pourtant jamais été ouvertement hostile envers lui. Il n’avait aucun intérêt à l’être. Sa seule existence renvoyait Ventura à sa plus grande peur passer pour un fardeau encombrant dans une industrie cinématographique en quête de légèreté.
Lino ne digérera jamais cet affront. Au 4è rang, citons Michel Picoli. Il fut l’homme capable de lui infliger les tourments les plus vifs. Michel n’était pas un simple partenaire de plateau pour lui. Il symbolisait ce miroir déformant d’un milieu privilégiant. La réflexion au trip privilégiant le verbe fleur au mutisme pesant.
Tandis que Lino se démenait comme un bloc de granit picoli évoluait avec une fluidité déconcertante. Alors que Ventura s’épuiser à essayer de justifier sa place au sommet Michel semblait y régner tout naturellement. Ce sentiment d’iniquité sourde s’est transformé en un venin insidieux. Leur chemin se croise véritablement lors d’un événement mondin durant les années 1970.
Lino sortait tout juste d’une production harassante qu’il avait vidé. Il n’ignorait pas que de nombreuses metteurs en scène redoutent de lui confier des partitions pleines de nuances. À l’inverse, Picoli, déjà intouchable, croulait sous les lauriers pour une interprétation encensée par l’ensemble des experts.
Au moment de leur rencontre fortite, Ventura esquis un bonjour timide. Picoli harcelé par les reporters lui accorde un signe de main évasif quasiment distrait. Ce mouvement fugace et désinvolte cingle l’atmosphère tel un camouflé. Lino demeure pétrifié les dents serrées de rage contenu. Il saisit alors qu’entre ses murs, ils n’appartiennent pas à la même caste.
Cette brutalité intérieure ne fera que croître au fil du temps. Pour chacune de ces apparitions, Michel capte toute la lumière des chroniqueurs spécialisés. Il loue sans fin son génie créatif, sa sagacité et son esprit visionnaire. Ventura de son côté est enfermé dans la brutalité. Le silence est une image d’homme virile que les médias jugent désormais préhistorique.
Les papiers journalistiques paraissent systématiquement conçu pour mettre ces deux tempéraments en contradiction. L’un représenterait la modernité, l’autre un fossile encombrant. Lino encaissait tout en restant quoi ? Bien que chaque syllabe assassine agrandisse la brèche. Le sommet de l’affront survient lorsqu’ils sortent chacun un long métrage à une période quasi identique.
Bien que leurs deux jeux soin impressionnant, l’heure du bilan ne laisse place qu’à un seul patronyme, celui de Picoli. Il rafle les citations au César et les compliments d’Itambique. Entretien gros plan débat. Ventura espère un geste, une marque de respect ou simplement un texte impartial, mais rien ne vient. Le vide est absolu.
Ce mytisme médiatique s’avère bien plus cruel que la pire des diatribes. Les éditorialistes n’ont jamais saisi l’ampleur du traumatisme que cela provoquait en lui. Ce n’était nullement de l’envie pure. C’était plutôt l’impression de disparaître totalement des mémoires. Michel n’avait d’ailleurs aucun dessin malveillant.
Nul besoin d’agir pour nuire. Sa simple présence constituait un rappel constant pour Lino. Il demeurait cet acteur que les intellectuels choisissaient d’occulter. Cette plie ouverte ne s’est jamais cicatrisé dans le cœur de Ventura. Elle l’a suivi sur tous les studios lors de chaque entretien et pour chaque nouveau défi où il s’échinait à démontrer sa véritable valeur bien plus que les autres.
Il existe des tourments intérieurs qui ne s’effacent jamais totalement. En trè position, voici Jean-Paul. Belmondo a littéralement réduit en miette ce que Lino chérissait le plus au monde. Pour Ventura, l’honneur d’un comédien n’était pas une question de gloire. Il ne s’agissait pas d’accumuler les têtes d’affiches, mais plutôt de cette aura de déférence qu’on dégage sans dire un mot.
la suite dans la page suivante