Nana Mouskouri abattue : à 89 ans, cette rupture sentimentale qui la bouleverse

Nana Mouskouri : à 89 ans, le poids d’une rupture jamais vraiment apaisée

Le vendredi 13 octobre 2023, Nana Mouskouri a soufflé sa 89e bougie. Figure emblématique de la chanson internationale, icône à la voix cristalline reconnaissable entre mille, la chanteuse grecque devenue une véritable star dans l’Hexagone a traversé les décennies avec une élégance rare. Derrière les lunettes iconiques, derrière les succès et les salles combles, se cache pourtant une femme dont le parcours sentimental a été marqué par une rupture qui, malgré le temps, continue de la bouleverser.

Sa vie amoureuse a connu plusieurs chapitres, mais l’un d’eux reste gravé comme « le seul coup de tonnerre » de son existence, selon ses propres mots. Avant de connaître une stabilité durable, Nana Mouskouri a été mariée, de 1961 à 1975, au guitariste Yorgos Silas. De cette union sont nés ses deux enfants, Nicolas et Hélène, qui ont longtemps été le centre de son univers intime. À l’époque, la jeune artiste est en pleine ascension. Sa carrière prend de l’ampleur, son nom franchit les frontières, et la France tombe sous le charme de cette voix venue de Grèce.

Mais le succès, parfois, fissure les équilibres les plus solides. Derrière l’image d’un couple uni se dessine progressivement une tension profonde. Yorgos Silas aurait eu du mal à accepter l’ampleur que prenait la carrière de son épouse. La chanson devenait une rivale, un espace qui échappait au cadre conjugal. Selon les confidences rapportées au fil des années, il aurait souhaité qu’elle ralentisse, voire qu’elle mette un terme à sa carrière pour privilégier la vie familiale. Une demande difficile à entendre pour une artiste dont la vocation était viscérale.

La pression ne s’arrête pas là. Soucieux d’éloigner son épouse des tentations et des « rivaux » qui gravitaient autour d’elle à Paris, son mari l’aurait poussée à quitter la capitale pour s’installer en Suisse. Ce déménagement symbolise un tournant. Paris représentait pour Nana Mouskouri un centre artistique, un lieu d’effervescence créative et de reconnaissance. La Suisse, bien que paisible, sonnait comme une mise à distance, presque un retrait forcé du cœur battant de sa carrière.

Pour une femme décrite comme exemplaire, disciplinée, fidèle à ses engagements, cette période a constitué une épreuve intime profonde. Elle s’est retrouvée face à un dilemme cruel : préserver son couple ou rester fidèle à sa passion. Or, pour elle, chanter n’était pas un caprice ni un simple métier. C’était une nécessité intérieure, une manière d’exister pleinement. L’incompréhension grandissante au sein du couple a fini par creuser un fossé irréversible.

La séparation, actée en 1975, fut douloureuse. Nana Mouskouri a souvent évoqué cette rupture comme un choc, un événement qu’elle n’a jamais totalement accepté. Même des décennies plus tard, à l’aube de ses 90 ans, elle en parle avec une émotion intacte. Ce n’est pas seulement la fin d’un mariage qui l’a marquée, mais la sensation d’avoir dû choisir entre l’amour et sa propre identité artistique. Une blessure discrète, mais persistante.

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