En pleine canicule, le parti d’extrême droite se réfugie derrière son idée phare pour masquer un manque de travail et d’ambition plus globale sur le terrain climatique.

C’est leur proposition phare. À longueur d’interviews, les dirigeants du Rassemblement national mettent en avant leur sacro-saint « grand plan d’équipement pour la climatisation », censé aider les Ehpad, les hôpitaux et les écoles du pays à faire face aux températures caniculaires. Une manière habile d’offrir une solution concrète aux Français… qui oblige les autres responsables politiques à se positionner.

Ainsi, les Écologistes sont obligés de reconnaître que la climatisation peut être utile dans des situations d’urgence comme celle que nous traversons. Marine Tondelier le concède : il ne s’agit plus d’un « tabou ». En retour, Marine Le Pen jubile de voir cette idée qui, « il y a encore quelques semaines était qualifiée d’extrême droite », « désormais trouver écho dans toute la classe politique ».

Lire aussi
Découvrez HuffPol, notre newsletter 100 % politique
Sauf que ce « grand plan », évoqué pour la première fois en juin 2025, n’a jamais été détaillé ni chiffré et ne figure dans aucun de leurs derniers programmes. Depuis un an, le RN n’a jamais pris la peine d’expliciter son idée, de la présenter aux Français, de la creuser… Et se trouve donc pris de court pour la développer aujourd’hui, en pleine vague de chaleur.

« Je n’ai pas le chiffrage en tête », a concédé le vice-président du parti Sébastien Chenu lors d’une interview sur TF1. « On est en train de le chiffrer », a évacué l’eurodéputé Matthieu Valet, quand Laure Lavalette a carrément renvoyé vers son collègue Jean-Philippe Tanguy : « Ça a été chiffré, vous lui demanderez, c’est lui qui a exactement tous les chiffres. » Le député de la Somme devrait organiser prochainement une conférence de presse pour en dire davantage.

Quand Le Pen décrédibilisait le Giec
Reste que cette défense de la climatisation, qui peut rencontrer un certain écho auprès des Français, dissimule mal un manque flagrant d’ambition et d’intérêt pour la lutte contre le changement climatique. Depuis toujours, le Rassemblement national (ex-Front national) se désintéresse du sujet, moquant même ceux qui s’en préoccupent. Ainsi, au début des années 2000, Jean-Marie Le Pen ironisait-il sur le « catastrophisme des Verts qui s’appuient sur l’analyse discutable de phénomènes comme l’effet de serre ».

Quand elle reprend les rênes du parti en 2011, Marine Le Pen marche dans les pas de son père en affirmant qu’elle n’est « pas sûre que l’activité humaine soit l’origine principale » du réchauffement climatique. Pas besoin de remonter très loin puisque même en 2023, la patronne du parti freinait des quatre fers toute avancée écologique, estimant que les experts du Giec « ont toujours été alarmistes ». « Des propagandistes qui ont un côté effrayant », chargeait aussi le député Hervé de Lépinau, à l’unisson de nombreux cadres qui subissent leurs anciennes déclarations comme un boomerang ce printemps.

la suite dans la page suivante

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *