🥹Je ne sais pas si l’histoire de Papa Fortuné vous fera comprendre pourquoi je n’aime pas trop les aides qui viennent de personnes qui ne sont pas mes proches. Le monsieur vivait tranquillement dans son coin. Grand acteur de cinéma, on peut dire que le cinéma ne lui a malheureusement pas beaucoup souri sur le plan financier. Malgré son immense talent et tout ce qu’il a apporté au cinéma ivoirien, il n’a jamais réussi à gagner suffisamment d’argent pour réaliser de grands projets ou mettre de côté un patrimoine important. Il vivait dans une petite maison dans un quartier d’Abidjan. Chaque matin, il prenait son gbaka pour aller à ses occupations, participer à ses tournages et rentrer le soir avec le minimum nécessaire pour faire vivre sa famille. Un jour, une de ses admiratrices, qui le suivait beaucoup, l’a reconnu dans la ville. En le voyant dans ces conditions, elle a ressenti de la peine. Pour elle, un homme qui avait autant marqué le cinéma ivoirien méritait une vie bien meilleure. Elle l’a filmé discrètement et a publié la vidéo sur les réseaux sociaux. La vidéo est devenue virale. Un créateur de contenu connu pour ses actions sociales a alors décidé de lancer une collecte de fonds pour venir en aide à Papa Fortuné. L’objectif était de réunir 45 millions de francs CFA afin de lui offrir une maison dans une belle cité, une voiture et quelques millions pour permettre à son épouse de lancer une activité génératrice de revenus. En seulement six jours, plus de 50 millions de francs CFA avaient déjà été collectés sur la plateforme officielle mise à disposition pour cette campagne. Une société immobilière, touchée par l’initiative, a même accepté de céder une villa estimée à 45 millions pour seulement 25 millions de francs CFA. Tout s’est ensuite enchaîné très rapidement. Le jour de la remise officielle de la maison, de la voiture et des autres dons, les chaînes de télévision étaient présentes. De nombreux artistes et acteurs du monde du spectacle avaient également fait le déplacement. Papa Fortuné et son épouse étaient aux anges. Son pays venait enfin de lui témoigner sa reconnaissance pour toutes ces années consacrées à faire rayonner le cinéma ivoirien et africain. Mais… Mais… Mais… On aurait aimé que l’histoire s’arrête là. On aurait aimé que les donateurs lui remettent simplement les clés de sa nouvelle vie et le laissent vivre en paix. Malheureusement, ce n’est pas ce qui se passe. Depuis cette collecte, certaines personnes qui ont participé à l’élan de solidarité demandent constamment des comptes à Papa Fortuné. Lorsqu’elles le voient sans la voiture offerte, elles publient des messages pour lui demander où elle est passée, comme s’il était obligé de rouler avec 24 heures sur 24. Quand elles apprennent qu’il ne dort pas encore dans la maison qui lui a été donnée, elles exigent des explications. Quand elles croisent son épouse au marché, elles veulent savoir ce qu’elle a fait des cinq millions reçus pour lancer son activité. S’il participe à une fête, certains l’accusent immédiatement de mal gérer l’argent reçu. Et savez-vous ce qui est le plus triste dans tout cela ? Papa Fortuné est désormais obligé de faire régulièrement des vidéos pour justifier ses choix, expliquer son mode de vie et rassurer ceux qui l’ont aidé. Dans sa dernière vidéo, j’ai vu un homme fatigué. J’ai vu un père de famille qui semblait regretter d’avoir accepté cette aide. J’ai vu quelqu’un qui est passé d’une vie modeste mais tranquille à une vie où chacun pense avoir un droit de regard sur ses décisions. Et c’est exactement pour cette raison que j’ai souvent du mal à accepter l’aide des gens. Je n’aime pas l’idée que quelqu’un puisse penser avoir le droit de me dire comment vivre parce qu’il m’a aidé un jour. Aider quelqu’un ne devrait jamais signifier prendre le contrôle de sa vie. Une aide est un acte de générosité, pas un investissement qui donne droit à un siège dans le conseil d’administration de la vie de celui qui la reçoit. Lorsque vous décidez d’aider quelqu’un, faites-le avec le cœur. Si vous ne pouvez pas donner sans exiger de comptes sur chaque décision future de la personne, alors il vaut peut-être mieux ne pas donner du tout. Une fois votre aide remise, la dignité de la personne doit rester intacte. La vraie générosité libère. Elle ne surveille pas. Elle n’humilie pas. Elle n’impose pas. Elle ne transforme pas un bénéficiaire en prisonnier moral. Aidons les gens à se relever, mais n’essayons pas ensuite de diriger leurs pas. Car le plus beau cadeau que l’on puisse offrir à quelqu’un, après l’avoir aidé, c’est encore sa liberté. Voir moins

🥹Je ne sais pas si l’histoire de Papa Fortuné vous fera comprendre pourquoi je n’aime pas trop les aides qui viennent de personnes qui ne sont pas mes proches.
Le monsieur vivait tranquillement dans son coin.
Grand acteur de cinéma, on peut dire que le cinéma ne lui a malheureusement pas beaucoup souri sur le plan financier.
Malgré son immense talent et tout ce qu’il a apporté au cinéma ivoirien, il n’a jamais réussi à gagner suffisamment d’argent pour réaliser de grands projets ou mettre de côté un patrimoine important.
Il vivait dans une petite maison dans un quartier d’Abidjan.
Chaque matin, il prenait son gbaka pour aller à ses occupations, participer à ses tournages et rentrer le soir avec le minimum nécessaire pour faire vivre sa famille.
Un jour, une de ses admiratrices, qui le suivait beaucoup, l’a reconnu dans la ville.
En le voyant dans ces conditions, elle a ressenti de la peine.
Pour elle, un homme qui avait autant marqué le cinéma ivoirien méritait une vie bien meilleure.
Elle l’a filmé discrètement et a publié la vidéo sur les réseaux sociaux.
La vidéo est devenue virale.
Un créateur de contenu connu pour ses actions sociales a alors décidé de lancer une collecte de fonds pour venir en aide à Papa Fortuné.
L’objectif était de réunir 45 millions de francs CFA afin de lui offrir une maison dans une belle cité, une voiture et quelques millions pour permettre à son épouse de lancer une activité génératrice de revenus.
En seulement six jours, plus de 50 millions de francs CFA avaient déjà été collectés sur la plateforme officielle mise à disposition pour cette campagne.
Une société immobilière, touchée par l’initiative, a même accepté de céder une villa estimée à 45 millions pour seulement 25 millions de francs CFA.
Tout s’est ensuite enchaîné très rapidement.
Le jour de la remise officielle de la maison, de la voiture et des autres dons, les chaînes de télévision étaient présentes.
De nombreux artistes et acteurs du monde du spectacle avaient également fait le déplacement.
Papa Fortuné et son épouse étaient aux anges.
Son pays venait enfin de lui témoigner sa reconnaissance pour toutes ces années consacrées à faire rayonner le cinéma ivoirien et africain.
Mais…
Mais…
Mais…
On aurait aimé que l’histoire s’arrête là.
On aurait aimé que les donateurs lui remettent simplement les clés de sa nouvelle vie et le laissent vivre en paix.
Malheureusement, ce n’est pas ce qui se passe.
Depuis cette collecte, certaines personnes qui ont participé à l’élan de solidarité demandent constamment des comptes à Papa Fortuné.
Lorsqu’elles le voient sans la voiture offerte, elles publient des messages pour lui demander où elle est passée, comme s’il était obligé de rouler avec 24 heures sur 24.
Quand elles apprennent qu’il ne dort pas encore dans la maison qui lui a été donnée, elles exigent des explications.
Quand elles croisent son épouse au marché, elles veulent savoir ce qu’elle a fait des cinq millions reçus pour lancer son activité.
S’il participe à une fête, certains l’accusent immédiatement de mal gérer l’argent reçu.
Et savez-vous ce qui est le plus triste dans tout cela ?
Papa Fortuné est désormais obligé de faire régulièrement des vidéos pour justifier ses choix, expliquer son mode de vie et rassurer ceux qui l’ont aidé.
Dans sa dernière vidéo, j’ai vu un homme fatigué.
J’ai vu un père de famille qui semblait regretter d’avoir accepté cette aide.
J’ai vu quelqu’un qui est passé d’une vie modeste mais tranquille à une vie où chacun pense avoir un droit de regard sur ses décisions.
Et c’est exactement pour cette raison que j’ai souvent du mal à accepter l’aide des gens.
Je n’aime pas l’idée que quelqu’un puisse penser avoir le droit de me dire comment vivre parce qu’il m’a aidé un jour.
Aider quelqu’un ne devrait jamais signifier prendre le contrôle de sa vie.
Une aide est un acte de générosité, pas un investissement qui donne droit à un siège dans le conseil d’administration de la vie de celui qui la reçoit.
Lorsque vous décidez d’aider quelqu’un, faites-le avec le cœur.
Si vous ne pouvez pas donner sans exiger de comptes sur chaque décision future de la personne, alors il vaut peut-être mieux ne pas donner du tout.
Une fois votre aide remise, la dignité de la personne doit rester intacte.
La vraie générosité libère.
Elle ne surveille pas.
Elle n’humilie pas.
Elle n’impose pas.
Elle ne transforme pas un bénéficiaire en prisonnier moral.
Aidons les gens à se relever, mais n’essayons pas ensuite de diriger leurs pas.
Car le plus beau cadeau que l’on puisse offrir à quelqu’un, après l’avoir aidé, c’est encore sa liberté.

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Pendant plusieurs jours, cette vidéo m’est restée dans la tête.

Pas à cause de la maison.

Pas à cause de la voiture.

Pas même à cause des millions réunis en quelques jours.

Ce qui me revenait sans cesse, c’était le visage de Papa Fortuné lorsqu’il parlait devant son téléphone.

Il essayait de sourire.

Il disait que tout allait bien.

Il expliquait que la voiture n’avait pas disparu, qu’elle était simplement utilisée selon les besoins de la famille. Il précisait que les démarches concernant la maison suivaient leur cours. Il rassurait ceux qui s’inquiétaient pour l’activité de son épouse.

Il répondait à chaque question avec patience.

Mais entre deux phrases, il y avait quelque chose que l’on ne pouvait pas cacher.

Une fatigue.

Pas la fatigue d’un homme qui a travaillé toute la journée.

Une autre fatigue.

Celle d’un homme qui doit demander la permission de vivre une vie qu’on lui a pourtant offerte.

Je ne connais pas personnellement Papa Fortuné.

Je ne peux pas raconter ce qu’il ressent réellement lorsqu’il ferme la porte de chez lui après avoir publié une nouvelle vidéo. Je ne sais pas ce que son épouse lui dit lorsque quelqu’un la photographie au marché ou lorsqu’une rumeur commence à circuler sur les réseaux sociaux.

Je ne sais pas non plus combien de messages bienveillants il reçoit parmi les critiques.

Mais je sais reconnaître un regard qui cherche à ne pas décevoir.

J’ai vu ce regard chez ma mère autrefois.

Quand j’étais enfant, elle avait dû demander de l’aide à un membre éloigné de la famille pour payer mes frais de scolarité. Ce n’était pas une somme immense. Juste assez pour éviter que je sois renvoyé de l’école au milieu du trimestre.

L’homme avait accepté.

Ma mère l’avait remercié plusieurs fois.

Elle lui avait préparé un repas.

Elle avait prié pour lui.

Elle avait promis de rembourser dès qu’elle pourrait.

Mais après cela, il avait commencé à entrer dans notre vie comme s’il en possédait une partie.

Lorsqu’il passait devant la maison et voyait ma mère acheter du poisson au lieu de manger encore du riz avec de la sauce, il faisait une remarque.

Lorsqu’elle m’offrait une paire de chaussures neuves pour la rentrée, il demandait devant tout le monde :

« Tu as déjà remboursé ta dette avant de faire ce genre de dépenses ? »

Une année, elle avait économisé pendant des mois pour acheter un pagne afin d’assister au mariage de sa sœur. L’homme l’avait regardée de haut en bas et avait dit :

« Quand on demande de l’aide, on ne s’habille pas comme une ministre. »

Je me souviens encore du visage de ma mère.

Elle avait souri.

Pas parce qu’elle trouvait la phrase drôle.

Parce qu’elle ne voulait pas paraître ingrate.

Le soir, elle avait soigneusement plié le pagne et l’avait rangé dans son armoire.

Elle ne l’avait pas porté au mariage.

Elle avait mis une vieille robe sombre dont la fermeture éclair coinçait dans le dos.

Je devais avoir neuf ou dix ans.

Je ne comprenais pas encore les histoires d’argent.

Mais j’avais compris une chose très simple : lorsque certaines personnes vous donnent quelque chose, elles continuent parfois à vous le reprendre un peu chaque jour.

Pas avec les mains.

Avec leurs phrases.

Avec leurs regards.

Avec le rappel permanent que vous avez eu besoin d’elles à un moment où vous étiez fragile.

Ma mère avait finalement remboursé cet homme.

Billet après billet.

Elle vendait des beignets tôt le matin près d’un arrêt de bus. Elle rentrait avec l’odeur de l’huile chaude imprégnée dans ses vêtements. Elle comptait les pièces sur la table en bois de notre petite cuisine, sous une ampoule trop blanche qui attirait les insectes.

Le jour où elle lui remit la dernière enveloppe, elle ne cria pas.

Elle ne lui reprocha rien.

Elle posa simplement l’argent devant lui et dit :

« Merci pour ce que tu as fait. Maintenant, je vais respirer un peu. »

Cette phrase ne m’avait jamais quitté.

Je vais respirer un peu.

Comme si l’aide n’avait pas seulement payé mes frais de scolarité.

Comme si elle avait aussi occupé une place dans ses poumons.

C’est pour cela que l’histoire de Papa Fortuné me touche.

Parce qu’elle ne parle pas uniquement d’un acteur.

Elle parle de cette frontière fragile entre la solidarité et le contrôle.

Au début, tout commence souvent avec une intention sincère.

Quelqu’un voit une difficulté.

Quelqu’un partage une vidéo.

D’autres personnes donnent ce qu’elles peuvent.

Mille francs.

Cinq mille francs.

Parfois davantage.

Chacun apporte une pierre.

Et lorsqu’une maison se construit avec ces pierres, il y a quelque chose de beau.

Quelque chose qui donne envie de croire encore aux gens.

Mais le problème commence lorsque certains donateurs pensent que leur pierre leur donne le droit de choisir la couleur des rideaux, l’heure du dîner et la manière dont la famille doit désormais marcher dans la rue.

Ils oublient qu’ils n’ont pas acheté un homme.

Ils ont aidé un homme.

Ce n’est pas la même chose.

Un bénéficiaire n’est pas une entreprise dans laquelle on achète des actions.

Il ne doit pas publier un rapport mensuel sur son existence.

Il ne doit pas justifier chaque repas, chaque déplacement, chaque fête de famille ou chaque moment de repos.

Il n’a pas à vivre éternellement avec le visage grave que les gens attendent de lui pour être rassurés sur l’usage de leur générosité.

Car il existe une image que certains aiment inconsciemment conserver : celle de la personne aidée au moment précis où elle avait besoin d’aide.

Modeste.

Reconnaissante.

Discrète.

Toujours un peu courbée.

Toujours prête à dire merci.

Le jour où cette personne redresse la tête, porte de beaux vêtements, prend une voiture ou décide simplement de ne plus raconter sa vie à tout le monde, certains se sentent trahis.

Ils pensent :

« Ce n’est pas pour cela que j’ai donné. »

Mais alors, pourquoi ont-ils donné ?

Pour que la personne reste prisonnière de l’image qui les avait émus ?

Pour pouvoir raconter qu’ils l’ont sauvée ?

Pour sentir que quelqu’un leur doit quelque chose pendant plusieurs années ?

Ou pour qu’elle retrouve une vie plus digne et qu’elle puisse enfin avancer sans demander la permission ?

La question mérite d’être posée.

Bien sûr, lorsqu’une collecte publique est organisée, il est normal qu’il existe de la transparence.

Les organisateurs doivent expliquer clairement les objectifs.

Les sommes recueillies doivent être gérées avec sérieux.

Les engagements annoncés doivent être respectés autant que possible.

La confiance des donateurs n’est pas un détail.

Mais la transparence ne doit pas devenir une surveillance quotidienne de la vie privée.

Une fois que les dons ont été remis selon les objectifs annoncés, il faut savoir reculer.

Fermer doucement la porte.

Laisser la famille habiter sa propre maison.

Laisser l’homme utiliser sa voiture selon ses besoins.

Laisser son épouse avancer à son rythme avec son activité.

Laisser les imprévus exister.

Parce qu’une vie réelle n’est jamais aussi simple qu’un tableau publié sur Internet.

Une maison peut nécessiter des démarches supplémentaires.

Une voiture peut tomber en panne ou ne pas être utilisée tous les jours.

Un projet commercial peut prendre du temps avant de trouver son équilibre.

Une famille peut faire des choix que nous n’aurions pas faits à sa place.

Et c’est précisément là que commence le respect.

Respecter quelqu’un, ce n’est pas seulement l’aider à sortir d’une difficulté.

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