Brigitte Bardot, 91 ans : son fils révèle pourquoi il n’a pas pu lui dire adieu
Il n’a pas pu lui dire adieu. Nicolas Charier, fils unique de Brigitte Bardau, a été empêché de voir sa mère une dernière fois. Il l’a appris trop tard. Derrière les volets clos de la Madrague, la légende s’éteignait seule. Pourquoi ce silence ? Pourquoi ce refus ? Et surtout dans l’ombre de sa gloire, un autre récit se tissait fait de blessures, de décisions radicales, de vérité que personne n’avait le droit de connaître jusqu’à aujourd’hui.

Brigitte Bardau, né le 28 septembre 1934 à Paris, est venu au monde dans une famille bourgeoise du 16e arrondissement. Son père, industriel, strict et autoritaire, imposait des règles rigides à la maison tandis que sa mère rêvait d’un destin brillant pour sa fille. Dès l’enfance, Brigitte se démarque par sa beauté saisissante, son port de tête haltier et surtout une volonté de fer dissimulé derrière des boucles blondes.
À l’âge de 7 ans, elle commence la danse classique puis intègre le conservatoire à 13 ans. On raconte qu’un jour, en sortant d’un cours de danse, elle aurait croisé le regard d’un photographe de mode. Et ce fut le début de tout. Ce cliché volé deviendra sa première couverture à quinze jardin des modes. Le verre était dans le fruit.
Très tôt, elle comprend que son corps est à la fois une arme et une prison. On l’admire, on la photographie, on la désire. Mais qui écoute ce qu’elle pense ? L’adolescente timide est projetée dans une mécanique de glamour qui la dépasse. À 18 ans, elle épouse Roger Vadin, scénariste prometteur qui fera d’elle une star.
Mais déjà dans son ombre, une colère silencieuse se forme. Qu’en est Nicolas Charier en 1960, Brigitte Bardau est au sommet de sa carrière et au bord de l’effondrement intérieur. Dans une interview à cœur ouvert, Nicolas révélera plus tard n’avoir jamais été désiré. Sa naissance, dira-t-il, a été vécue comme un accident de parcours. En 1996, dans son autobiographie initiale Bébé, Bardau elle-même parle de sa grossesse comme d’une honte imposée.
Elle écrit même “Avoir envisagé de mettre fin à ses jours plutôt que devenir mère”. Des mots qui des décennies plus tard continueront à provoquer l’astupeur. En confiant son fils à son père, Brigitte s’extrait de son rôle de mère comme on arrache un pan de peau. Ce choix radical marquera Nicolas pour la vie.
Il grandit en Norvège, loin de la France, loin du tumulte médiatique, mais aussi loin de l’amour maternel. Entre eux, une distance s’installe physique, émotionnelle, irréversible. Et pourtant, au fil des années, Nicolas ne cessera de chercher une forme de réconciliation, mais Brigitte, fidèle à elle-même, refuse les compromis. Sa vie privée devient un sanctuaire inviolable où même le sang de son sang ne peut entrer sans autorisation.

Ce rejet, fondateur jette une lumière nouvelle sur le récit tragique qui va suivre, car ce qui s’est joué à la naissance de Nicolas ne s’est jamais vraiment refermé. C’est une blessure béante, un dit familial, une faille. Et quand arrive le jour où Brigitte Bardau quitte ce monde, cette faille devient un gouffre.
Comment une mère peut-elle refuser à son fils le droit de dire au revoir ? Pourquoi ce dernier geste si simple lui a-t-il été refusé ? Derrière la légende du sexe Saint-Dol se cachait une femme meurtr, une femme qui peut-être n’a jamais vraiment guéri. Dans les années 1950 et 1960, Brigitte Bardau règne sur le cinéma français comme une étoile incandescente.
Dès son apparition dans Et Dieu, créa la femme en 1956, réalisé par Vadame, le public mondial découvre une créature à la fois provoquante et insais. Ce rôle qui la propulse au rang d’icône sexuelle internationale est aussi celui qui la piège à jamais dans une image dont elle cherchera à s’échapper toute sa vie.
À 22 ans, Bardau est déjà la française la plus photographiée au monde. Les magazines américains, italiens, japonais s’arrache sa silhouette. Elle tourne jusqu’à quatre films par an. Le boxoffice explose. La vérité d’Henry George Clusau en 1960 attire plus de 5 millions de spectateurs et reçoit une nomination aux Oscars.
Son cachet atteint des sommets, jusqu’à 500000 francs par film à l’époque, l’équivalent de plusieurs millions d’euros aujourd’hui. La villa La Madrague à Saint- Tropé devient un mythe. Sur cette terrass succèdent entre stars, artistes et têtes couronnées. [musique] Picasso, Ginsbourg, Sagan, Deon, Trintignan, tous veulent un moment de lumière près d’elle.
À Cann, elle est attendue comme une déesse. À Rome, on la suit en scooter. À Tokyo, on lui dédie haikou. Mais ce que la presse ne voit pas ou refuse de voir, c’est la lassitude qui s’installe derrière les paillettes. Brigitte sourit, pose, chante même des tubes comme Harley Davidson ou la Madrague, mais à l’intérieur, elle se vide.
Elle multiplie les relations amoureuses tumultueuses, cherche des échappatoires, la cause animale, lanature, l’écriture. Son journal intime révélé en partie plus tard témoigne d’une détresse constante face à l’hypersexualisation de son image. Je suis une femme fatiguée d’être désirée mais jamais écoutée. En 1973, à seulement 39 ans, elle choque la planète en annonçant qu’elle quitte le cinéma définitivement.
Je préfère vivre dans la peau de Brigitte Bardau que dans celle d’un rôle, dira-t-elle. Mais le sous-texte est plus sombre. Elle ne supporte plus le regard des autres, l’exploitation de son corps, la pression constante d’être parfaite. Ce retrait, aussi soudain que radical ouvre une nouvelle ère, une aire de silence apparent.
Car si Brigitte disparaît des plateaux, elle reste au cœur de l’obsession collective. La France la classe parmi ses trésors nationaux. On parle de l’ériger en monument. Les politiques la courtisent pour des décorations. Les médias la supplieent de revenir, ne serait-ce que pour un hommage. Elle refuse tout. Et dans ce refus obstiné commence une autre histoire.
Une femme libre certes, mais en guerre contre l’image qu’on a d’elle. Une icône, oui, mais une icône qui ne veut plus être vue. C’est aussi à cette époque que commence sa transformation en militante. En 1986, elle crée la fondation Brigitte Bardau pour la protection animale et consacre son énergie à la défense des animaux maltraités.
Elle donne sa fortune personnelle pour financer des refuges. Mais ce combat, aussi noble soit-il, n’efface pas la douleur passée. Peu à peu, elle s’enferme à la madrague, coupe les ponts avec la scène publique, se méfie des journalistes, limite les visites. Et Nicolas dans tout cela, il n’est qu’un nom dans les pages lointaines.
On le voit rarement à ses côtés. La presse parle de réconciliation parfois, mais toujours à distance. La fracture est ancienne, silencieuse et pourtant un malaise plane, un silence dérangeant entoure les années 1980. Que s’est-il vraiment passé après sa retraite ? Pourquoi au sommet de sa puissance, Bardau a-t-elle tout rejeté jusqu’à son propre entourage ? Et surtout, que cachait-elle derrière ce refus acharné d’être honoré ? À partir de 1984, des rumeurs commencent à circuler.
Certaines sources proches de la Madrague murmurent que Brigitte Bardau aurait consulté plusieurs spécialistes à Paris dans la plus grande discrétion. D’autres évoquent une fatigue chronique, un affaiblissement inexpliqué. Mais aucune déclaration officielle n’est faite. Le silence est total. Et dans ce silence, les hypothèses se multiplient.
Un journaliste du Figaro Magazine affirmera des années plus tard que l’actrice aurait souffert d’un mal plus grave qu’on ne l’avait jamais su. Mais sans preuve, sans aveu, l’information reste en suspend jusqu’à ce que Nicolas Charier, bien des années après, brise ce tabou. Sa mère a bien été diagnostiquée d’un cancer du sein en 1984.
Pourquoi n’en a-t-elle jamais parlé publiquement ? Pourquoi avoir caché une maladie aussi grave à ses millions d’admirateurs ? Selon Nicolas, la réponse est simple mais glaçante. Brigitte Bardau voulait mourir à sa manière. Elle refusait que le public voit ses faiblesses. Elle refusait d’inspirer de la pitié.
Pour elle, subir une chimiothérapie s’était cédé à une médecine qu’elle jugeait invasive et destructrice. À la place, elle choisit une radiothérapie ciblée et surtout le silence. Seule une poignée de proches aurait été mise au courant. Parmi eux, Marina Vlad, amie fidèle et actrice engagée, aurait réussi à la convaincre de poursuivre le suivi médical.
En 1986, la maladie semble reculer, mais le traumatisme lui ne disparaît pas. Il se mut en phobie de l’exposition. Depuis ce jour, Brigitte Bardau refusera toute apparition publique non maîtrisée, toute caméra impromptue, toute photographie volée. Un nouveau visage de bébé apparaît, celui d’une femme recluse, méfiante, à la limite de la paranoïa.
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