Il tendit son sandwich au chien : « Prends, mon toutou. Mange un peu. Toi, tu en as plus besoin que moi… » Puis il s’allongea sur le banc et ferma les yeux. Le chien finit le sandwich, se blottit contre lui et gémit doucement. Et alors…
Il tendit un sandwich au chien : — Tiens, mon petit… Toi, tu en as plus besoin. Moi, ça m’est égal maintenant…
Il s’allongea sur un banc et ferma les yeux. Le chien termina le sandwich et se blottit contre lui. Puis…

On raconte qu’un débat éclata au paradis — les anges ne parvenaient pas à se mettre d’accord. Le monde faillit vaciller. Il s’agissait de lui — ancien chef d’une empire d’investissement.
Il « sauvait » des entreprises, mais en réalité, il détruisait, rachetait, fragmentait et revendait. Tout dans les règles, tout légal. Mais derrière, il y avait des vies brisées.
Il devint milliardaire, vécut dans le luxe, jusqu’au jour où un ouragan détruisit tout. Lui seul survécut. Des jours durant, il resta parmi les ruines, couvert d’une couverture, tenant un sandwich — attendant.
L’attente du secours ou de la fin. Il regardait les décombres de sa grandeur passée et comprenait — il n’y avait plus de raison de reconstruire. Pour qui ?
Car de toute sa famille nombreuse, il était le seul restant. Sa vie, son œuvre, cette entreprise qui rapportait des millions, n’étaient plus que des symboles vides de sens.
Il tenta de prier, mais aucun mot ne vint. Il voulut demander : — Pourquoi pas moi ? Pourquoi eux ? Mais le ciel resta silencieux. Seule la douleur dans sa poitrine lui rappelait qu’il était encore vivant.
Soudain, une petite chienne rousse, maigre et sans abri, sauta sur le banc. Elle plongea son regard dans le sien — y reflétant solitude, confusion et culpabilité.

— Je suis seul… C’est ma faute, murmura-t-il en donnant son dernier morceau de sandwich au chien. — Je n’en ai plus besoin. Il s’allongea sur l’asphalte humide, le chien contre lui.
Et soudain — un éclair illumina le ciel. Il se retrouva devant un Livre et un Ange. — Tu as donné aux œuvres, fréquenté les temples… Mais tu as détruit des vies pour du profit, dit l’Ange.
— Penses-tu que cela rachètera tes actes ? L’Ange leva la main : — Oubli. Vide. Tu n’es pas digne… Mais à la lecture des dernières lignes, il s’immobilisa. — Est-ce… vrai ?
Puis il disparut. Bientôt, des anges entourèrent le Livre. Ils disputaient, s’agitaient, se rassemblaient en foule. Les démons observaient avec intérêt. Tout semblait sur le point d’exploser — quand l’Archange apparut.
— Les crimes sont innombrables. Le pardon ne t’est pas accordé, tonna-t-il. — Silence ! Il lut la dernière page, regarda l’homme : — Pourquoi as-tu donné ton dernier morceau au chien ?
— Je ne sais pas. Juste comme ça. Elle avait faim, moi, je m’en fichais. — Juste comme ça ? répéta l’Archange. Il s’assit, songeur. — Nous jugeons selon la Justice Suprême… Attendez, dit-il aux anges.
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