
Trois jours passèrent, ou peut-être un instant. Puis il leva la main — et tout revint. Le monde, les êtres, l’équilibre. Tout redevint comme avant.
— Je te condamne à la rédemption. Pas pour le bien que tu as fait, mais parce que pour la première fois tu as écouté ton cœur, déclara l’Archange.
Sous la pluie d’automne, un chiot gisait dans une flaque.
— Papa, sauvons-le… supplia un garçon. — Partage ta nourriture avec lui, grogna le père. Mais le garçon tenait déjà le chiot contre lui.
Depuis, ce chien devint son réconfort, sa chaleur, son fidèle ami. Et des années plus tard, devenu avocat, le garçon vit le chien mourir dans ses bras — avec un sourire.
L’homme se retrouva de nouveau devant l’Archange. — Tu es condamné à la rédemption, déclara-t-il.
Il reprit conscience sur une table d’opération. Contre toute attente, il survécut. Mais ne retourna pas à sa vie d’avant.

Il partit travailler dans un orphelinat, devenant pour ces enfants ce qui lui avait manqué — un soutien, un guide, une lumière.
À ses funérailles, des centaines de personnes vinrent prier pour lui.
L’Archange ouvrit de nouveau le Livre de Vie :
— Il te reste dix mille ans. Pour embrasser chaque âme, sauver chaque être oublié. Puis — reviens. Nous parlerons.
— Nous ne jugeons pas comme les hommes, dit-il. — Nous gardons en mémoire chaque acte de bonté sincère.
Et le ciel s’illumina. Ainsi fut évitée la Troisième Guerre Céleste.
…Ou peut-être rien de tout cela ne s’est produit. Peut-être que je l’ai inventé. Mais à vous de juger. Car ce ne sont pas les hommes qui nous jugent. C’est le Très-Haut.
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