Mais il y a encore mieux. Il y a ce moment effarant dans un monde hypocrite où Puyol décide de donner son brassard tout frais de capitaine ( il n’était entré en jeu qu’à la fin du match) à Eric Abidal pour que le français soit le premier à soulever la coupe.
Vertige de l’émotion sportive : une histoire de bonhommes dont l’état d’esprit est la source primitive de l’énergie qui permet le libre déploiement du talent. On cherche, on se demande si c’est de la com’ mais ça semble impossible tellement on se doute que les égos sont acérés. Et pourtant ce geste de prince construit une légende qui n’a pas besoin de scénario préalable : c’est radicalement bien et touchant.
On se souvient alors du raccourci faisant de Barcelone une machine de guerre tactique à cause de sa pléthore de petits joueurs blancs, le sophisme français habituel qui croit que copier-coller ce qui marche fait aussi marcher. Mais non, Barcelone épanoui avec un Abidal épanoui, c’est une histoire de puissance de l’esprit et de réflexion sur soi qui libère le physique : une joie de jouer ensemble qui vient d’une maturité de pensée très visible dans les risques pris sur le terrain et dans l’attitude générale y compris chez les remplaçants.
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