Cette relation presque maladive à la finitude explique en partie son rythme de travail effréné. Comme s’il cherchait à brûler la vie par les deux bouts avant qu’elle ne lui échappe.
Il a voulu être embaumé
C’est après sa disparition tragique, le 11 mars 1978, que l’une des volontés les plus surprenantes de Claude François se révèle. Né en Égypte, terre des pharaons et de la momification, Cloclo tenait absolument à ce que son corps soit embaumé après sa mort. Une pratique extrêmement rare en France à l’époque, mais qu’il considérait comme essentielle.
Selon son entourage et son biographe Fabien Lecoeuvre, Claude François espérait ainsi préserver son apparence et maîtriser, jusqu’au bout, son image. Son corps est donc embaumé, placé dans un premier cercueil de plomb, puis dans un cercueil d’acajou capitonné de velours bleu vénitien.
L’embaumement est une pratique funéraire ancienne destinée à retarder la décomposition du corps. Utilisée dès l’Antiquité, notamment en Égypte, elle consiste à extraire les viscères et à traiter la dépouille avec des substances antiseptiques, plantes, sels ou aromates. En France, cette technique fut longtemps réservée aux rois et aux grandes figures, mêlant croyances spirituelles et volonté de préserver l’apparence après la mort.
Claude François repose à Dannemois

Une manière symbolique de lutter contre l’oubli et la dégradation. Et peut-être aussi un écho inconscient à son pays natal, où la mort se pense comme une continuité.
Ses obsèques, célébrées le 15 mars 1978 à l’église Notre-Dame-d’Auteuil, attirent une foule immense. Des fans éplorés, parfois hystériques, affluent pour dire adieu à leur idole. Claude François est ensuite inhumé au cimetière de Dannemois, dans l’Essonne, lieu devenu un véritable site de pèlerinage.
Près de cinquante ans après sa mort, l’hommage rendu par Le Grand Échiquier rappelle combien Cloclo reste vivant dans la mémoire collective. Né en Égypte, façonné par l’exil, obsédé par la mort, mais avide d’éternité, Claude François aura, jusque dans ses choix funéraires, cherché à défier le temps. Une ultime mise en scène, fidèle à l’artiste qu’il a toujours été.