Enceinte de 7 mois, elle a été poussée du yacht familial par son mari, qui lui a lancé : « Le bébé te tire vers le fond. » Il a juré à la police que c’était un accident, jusqu’au jour où elle est revenue vivante à la lecture du testament, son fils dans les bras. PARTIE 1 Il l’a poussée enceinte de 7 mois dans la mer, puis il est resté au bastingage comme si elle n’était qu’un verre cassé tombé du pont. Une seconde plus tôt, Camille Delorme se tenait pieds nus sur le teck humide du yacht familial, au large de Cassis, une main posée sur son ventre rond, l’autre crispée sur la rambarde froide. Le mistral secouait les nappes blanches, faisait claquer les serviettes comme des drapeaux de deuil. À l’intérieur, les invités riaient encore autour du champagne, persuadés d’assister à un simple dîner d’anniversaire organisé par les Ravel, une de ces familles marseillaises dont le nom ouvrait les banques, les ports et les salons politiques. Puis les mains de son mari l’ont frappée aux épaules. Julien Ravel, costume bleu nuit, sourire intact, l’a regardée disparaître dans l’eau noire. — Tu n’as jamais su nager, Camille, a-t-il lancé d’une voix presque calme. Et avec ce bébé, tu couleras plus vite. Le choc lui a déchiré le souffle. Sa robe de soirée s’est collée à ses jambes comme une corde. L’eau salée a envahi sa bouche, son nez, ses oreilles. Elle a battu des bras dans le vide, cherchant une prise qui n’existait pas. Au-dessus d’elle, les lumières du yacht brillaient comme un palais indifférent. Un anneau de sauvetage a heurté la mer à quelques mètres. Pas assez près. Juste assez loin pour qu’elle comprenne. Julien ne voulait pas la sauver. Il voulait qu’elle voie ce qu’il lui refusait. — Pourquoi ? a-t-elle réussi à crier, la gorge brûlée. Il s’est penché, beau et glacé, le même homme qui l’avait embrassée devant les photographes en disant qu’elle avait rendu sa vie “plus vraie”. — Tu aurais dû signer la renonciation, a-t-il répondu. Tu n’avais qu’à rester raisonnable. Derrière lui, Camille a aperçu sa belle-mère, Hélène Ravel. Droite près des portes vitrées du salon, un verre à la main, elle ne criait pas. Elle ne courait pas chercher de l’aide. Elle regardait simplement, le menton levé, comme si la Méditerranée était enfin en train de régler un problème de famille. Le yacht a commencé à s’éloigner. Camille a coulé une première fois. Son ventre s’est contracté sous ses mains. Dans le silence lourd de l’eau, elle n’a plus pensé à Julien, ni aux Ravel, ni aux humiliations avalées pendant 3 ans. Elle a pensé à l’enfant qui bougeait encore en elle. Non. Pas comme ça. Son poignet a heurté le petit bracelet métallique que son père lui avait offert avant de mourir. Ancien officier des affaires maritimes, il disait toujours que les riches achetaient les silences, mais oubliaient les signaux. Camille a pressé le bouton caché. Une lumière rouge a clignoté sous l’eau. Puis la nuit a avalé son cri. Au loin, un moteur a rugi. La partie 2 est dans les commentaires Voir moins

L’avocate hésita.

Pour la première fois.

Comme si elle pesait chaque mot.

— Parce que votre accident n’est pas le plus grand problème.

Un frisson traversa Camille.

— Alors quel est le plus grand problème ?

Maître Martin ouvrit la chemise.

À l’intérieur se trouvaient plusieurs documents.

Des relevés bancaires.

Des actes notariés.

Des copies de contrats.

Et une photographie.

Camille la prit.

Son souffle se coupa.

La photo avait été prise quelques semaines auparavant.

Sur le port de La Ciotat.

On y voyait Julien.

Et un homme qu’elle connaissait parfaitement.

Antoine Vasseur.

Le directeur financier du groupe Ravel.

— Pourquoi avez-vous cette photo ?

demanda-t-elle.

— Parce que votre père la possédait.

Camille releva brusquement la tête.

— Mon père est mort il y a trois ans.

— Oui.

Nouvelle pause.

— Et juste avant sa mort, il a commencé à enquêter sur la famille Ravel.

La pièce sembla soudain plus froide.

— Pourquoi ?

— Il pensait qu’ils préparaient quelque chose.

— Quelque chose comme quoi ?

Maître Martin secoua lentement la tête.

— Nous n’avons jamais eu le temps de le savoir.

Puis elle sortit une enveloppe brune.

Vieille.

Cornée.

Scellée.

— Il m’a confié ceci deux jours avant son décès.

Camille sentit ses mains devenir moites.

— Qu’est-ce qu’il y a dedans ?

— Je ne l’ai jamais ouverte.

— Pourquoi ?

— Parce qu’il m’a demandé d’attendre.

— Attendre quoi ?

Cette fois, le regard de l’avocate se fixa droit dans le sien.

— Que les Ravel pensent avoir gagné.

Le silence tomba comme une pierre.

Au loin, on entendait les vagues contre les rochers.

Le tic-tac discret d’une horloge.

Et les battements du cœur de Camille.

— Mon père savait ?

— Il savait qu’ils vous utilisaient.

— Pour quoi ?

— Cela, je l’ignore encore.

Mais il avait peur.

Très peur.

Maître Martin posa alors la main sur l’enveloppe.

— Il a laissé des instructions très précises.

Camille observa le papier jauni.

Le sceau intact.

L’écriture familière de son père.

Puis son regard s’arrêta sur une phrase griffonnée au dos.

Une seule.

Quelques mots seulement.

Mais ils suffirent à faire disparaître toute couleur de son visage.

Parce que son père n’avait pas écrit le nom de Julien.

Ni celui d’Hélène.

Ni celui d’Antoine Vasseur.

À la place, il avait écrit :

« Si Camille est encore en vie, c’est que l’enfant est la véritable cible. »

Et, pour la première fois depuis qu’elle avait été poussée dans la mer, Camille comprit que sa chute n’était peut-être que le début d’un plan beaucoup plus ancien.

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