Ce travail d’introspection a été vécu comme un véritable exutoire. Slimane parle d’un poids qui s’est libéré au fil de l’écriture. “J’ai l’impression, plus que jamais, d’avoir dépassé un stade de confession avec les gens”, confie-t-il. Il se souvient d’une discussion récente avec son manager, au cours de laquelle il a formulé une pensée essentielle : “Si les gens m’aiment à travers cet album, ça veut dire qu’ils m’aimeront pour tout ce que je suis.” Une phrase qui résume l’enjeu de ce projet, celui d’être aimé sans masque, sans détour, avec ses failles et ses cicatrices.
Parmi les titres de l’album, une chanson se détache particulièrement par sa charge émotionnelle : “Comme un oiseau”. Slimane la désigne comme la plus difficile à écrire. “C’est une chanson qui parle de santé mentale et qui a été très dure à écrire. Ce sont des sujets qui ne sont pas faciles à entamer. En plus, quand on en parle, on se dit que tout le monde va savoir.” Dans ce morceau dépouillé, porté par quelques notes de piano, l’artiste se livre sans artifice sur une période où il a touché le fond, évoquant des pensées de fuite et de renoncement.
Les paroles, d’une honnêteté bouleversante, traduisent un mal-être profond et une fatigue de vivre qu’il n’avait jamais exprimés aussi frontalement. Slimane assume aujourd’hui cette vulnérabilité, conscient que mettre des mots sur ces émotions peut être salvateur, autant pour lui que pour ceux qui l’écoutent. “Je ne voulais pas me cacher derrière une histoire inventée”, précise-t-il. “C’est ce que j’ai vécu moi, et je l’ai fait pour dire aux autres que vous n’êtes pas tout seuls. Ça peut arriver à tout le monde.”
Lorsque Slimane a partagé un extrait de “Comme un oiseau” sur les réseaux sociaux, il ne s’attendait pas à une telle vague de réactions. Des milliers de messages lui sont parvenus, de personnes se reconnaissant dans ses mots. Beaucoup lui ont écrit que cette chanson leur permettait d’exprimer ce qu’ils n’arrivaient pas à dire à leurs proches. “Avec ta chanson, je ne vais pas avoir besoin d’expliquer mon état. Je vais l’envoyer à ma mère, à mon père ou à mon ami pour qu’on me comprenne”, lui ont-ils confié. Pour Slimane, ces retours donnent tout son sens à la démarche.
“Je crois que c’est important de faire de la musique qui sert”, affirme-t-il avec conviction. Pour lui, l’art n’est pas seulement un divertissement, mais aussi un refuge, un lien, parfois une bouée. Le message central de “Comme un oiseau” est clair : rappeler que même dans les moments les plus sombres, une issue existe. “Si aujourd’hui je suis là à vous chanter cette chanson, c’est que ça va mieux”, souligne-t-il, insistant sur l’idée d’espoir. “C’est aussi redonner de l’espoir à des gens qui, dans des périodes comme ça, n’en ont plus.”
Avec “Il faut que tu saches”, Slimane signe sans doute son album le plus personnel. Un disque qui ne cherche pas à séduire à tout prix, mais à dire vrai. Et peut-être est-ce là sa plus grande force.
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