« Je t’aime et t’es la meilleure maman du monde » : les derniers messages de Camélia avant son suicide à la sortie du lycée

Comment, alors, imaginer l’impensable : quelques heures après ce message rassurant, Camélia quitte précipitamment le lycée, vers 17 heures. Grimpe dans le RER B, s’arrête en gare de Villeparisis, descend sur les voies au moment où un autre train arrive. Camélia est déclarée morte à 17h57 précises. Elle avait 17 ans.

Son suicide a entraîné une onde de choc et de colère au lycée Honoré-de-Balzac, et bien au-delà. Les faits de harcèlement dont Camélia s’était dit victime étaient connus du corps enseignant. Pire : le proviseur lui-même était informé de la situation, et avait, la veille et le jour du drame, convoqué les protagonistes de l’affaire.

« Il était en colère »

Alors que deux enquêtes — l’une judiciaire, l’autre administrative — ont été ouvertes, les derniers échanges entre Camélia et sa mère, auxquels nous avons eu accès, s’avèrent accablants pour le proviseur du lycée. Ce dernier, comme les harceleurs présumés de la jeune fille, est visé par une plainte déposée par la famille de la défunte.

Retour sur la veille des faits. Ce lundi 12 janvier, le proviseur de Balzac, alerté par une lettre de la mère de Camélia sur le harcèlement répété à l’encontre de sa fille, décide de prendre le sujet à bras-le-corps. Il convoque les auteurs présumés, dont deux filles scolarisées dans la même classe, et Camélia.

Au sortir de ce rendez-vous, la victime écrit spontanément à sa mère : « Il était en colère ». Le proviseur aurait manifestement peu goûté ce courrier envoyé la semaine précédente par la famille. Craint-il, alors, que cette histoire nuise à l’établissement ? Toujours est-il que dès le lendemain, et malgré la convocation des harceleurs présumés, les faits continuent. La mère de Camélia tente toutefois de rassurer sa fille, avec ce message à 11h24 : « (…) le proviseur s’en occupe. »

Une nouvelle convocation, puis le drame

La journée se passe, jusqu’à cette annonce surprise : le proviseur veut revoir Camélia dans son bureau, moins de 24 heures après la première entrevue. L’élève, alors en cours, est donc priée de sortir de classe peu après 16 heures. L’échange dure environ une demi-heure. À 16h32, la mère de Camélia reçoit un SMS de sa fille : « Ils ont dit que c’est moi la fautive et que j’aurai une sanction disciplinaire. Je t’aime de tout mon cœur. Je suis en cours, je te rappelle après. »

 

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Stupeur chez la mère de Camélia, qui n’était pas informée de cette nouvelle convocation. À 16h43, l’ado renvoie : « Il a dit que je me victimise (sic). » Puis, trois minutes plus tard, écrit à nouveau : « En tout cas, je t’aime et t’es la meilleure maman du monde », accompagné de deux émojis cœur.

Ce seront les derniers mots de Camélia envoyés à sa mère. Alors que celle-ci la croit toujours en cours, l’adolescente a pris ses affaires et quitté la classe, prétextant un motif à la hâte. Une camarade, alors présente, témoignera ensuite : « Elle était dans un état décomposé ».

La suite se déroule en gare de Villeparisis donc, où Camélia se donne la mort vers 17h30. Soit moins d’une heure après être sortie du bureau du proviseur de son lycée. Ces derniers instants, ainsi que les semaines qui ont précédé le suicide de Camélia, sont actuellement décortiqués par les enquêteurs de la police judiciaire de Torcy, saisie du dossier. En parallèle, une plainte a été déposée par la famille suite à la diffusion, sur les réseaux sociaux, d’une vidéo montrant le passage à l’acte de Camélia.

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