Certains insinuèrent qu’Helena n’avait obtenu son poste que grâce à l’intérêt personnel de Gabriel.
Ces commentaires finirent par la blesser.
Un soir, incapable de garder son malaise pour elle, elle lui confia ses inquiétudes.
Gabriel la regarda longuement avant de répondre :
— Je vous ai engagée parce que vous êtes exceptionnelle. Les jugements des autres ne changent rien à cela.
Puis il ajouta quelques mots qui restèrent gravés dans sa mémoire :
— Je vous admire, Helena.
Il ne parla ni de beauté ni d’attirance.
Il parla d’admiration.
Et cela comptait davantage à ses yeux.
Choisir ses rêves sans renoncer à l’amour
Quelques mois plus tard, Helena reçut une nouvelle inattendue.
Elle venait d’être acceptée dans un programme international d’échange universitaire.
La bourse obtenue lui permettrait de partir étudier à l’étranger pendant une année entière.
Lorsqu’elle annonça la nouvelle à Gabriel, elle aperçut une émotion discrète traverser son regard.
— Quand partez-vous ? demanda-t-il.
— Dans trois mois.
Un léger silence s’installa.
Puis il sourit.
— Si j’essayais de vous convaincre de rester, je détruirais précisément ce que j’admire chez vous.
À cet instant, Helena comprit que ses sentiments pour lui étaient devenus bien plus profonds qu’elle ne l’avait imaginé.
La veille de son départ, Gabriel la raccompagna chez elle.
Dans la même voiture où toute cette histoire avait commencé.
Le même siège.
La même sensation irréelle.
— C’est probablement la plus belle intrusion que j’aie jamais subie, dit-il avec un sourire.
Puis son expression devint sérieuse.
— Je suis amoureux de vous.
Il n’y eut ni grand discours ni déclaration théâtrale.
Seulement une vérité simple et sincère.
— Moi aussi, murmura Helena.
Gabriel lui prit doucement la main.
— Alors partez. Réalisez vos rêves. Je ne veux jamais être la raison pour laquelle vous renonceriez à ce qui vous rend heureuse.
Un an plus tard, Helena rentra au Mexique.
À l’aéroport, aucune équipe de sécurité ni aucun chauffeur ne l’attendaient.
Seulement Gabriel.
— Alors, demanda-t-il avec amusement, vous êtes montée dans d’autres mauvaises voitures pendant votre voyage ?
— Pas une seule.
Il prit sa valise et lui sourit.
Quelques instants plus tard, il s’agenouilla devant elle.
— Helena Torres, accepteriez-vous de construire votre avenir à mes côtés ?
Les larmes lui montèrent aux yeux.
— Oui.
Aujourd’hui, Helena a terminé ses études et dirige sa propre société de conseil stratégique.
Gabriel continue de piloter son entreprise.
Mais désormais, ils avancent ensemble.
Comme partenaires.
Comme meilleurs amis.
Et comme deux personnes qui n’oublieront jamais qu’une simple erreur peut parfois ouvrir la porte aux plus belles rencontres.
Il arrive encore que Gabriel la taquine lorsqu’elle monte dans sa voiture après une longue journée.
— Cette fois, tu as vérifié la plaque d’immatriculation ?
Et Helena répond toujours avec le même sourire :
— Tant que c’est avec toi, je peux même me permettre de m’endormir.
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