La Suisse refuse de préciser la taille de sa population… Qu’est-ce que cela signifie ?

Les électeurs craignaient des répercussions négatives sur les relations de la Suisse avec l’Union européenne et sur le marché du travail. Les citoyens étaient également préoccupés par des questions telles que la disponibilité d’un nombre suffisant de professionnels de santé.

Un sentiment prévalait également : compte tenu du contexte international actuel, une telle mesure semblait insensée pour un petit pays.

Selon un citoyen interrogé par l’AFP et ayant voté contre la proposition : « Dans un monde globalisé, il est absurde de vouloir fermer les frontières et limiter le nombre de personnes autorisées à entrer sur le territoire. »

Détails importants :

Le vote s’est déroulé dans le cadre de la démocratie semi-directe suisse, qui confère aux citoyens le pouvoir de prendre directement des décisions législatives et de modifier la Constitution.

La Suisse compte actuellement 9,1 millions d’habitants et sa population croît beaucoup plus rapidement que celle de ses voisins de l’UE.

Les étrangers représentent environ 28 % de la population suisse, un chiffre qui, selon les estimations officielles, devrait atteindre 10 millions d’ici le début des années 2040.

Le taux de participation a été d’environ 5 %, nettement supérieur à la moyenne précédente de 48 % pour les référendums suisses.

Les sondages d’opinion prévoyaient un résultat serré. Au final, la victoire du « non » a été plus décisive que ne l’avaient anticipé de nombreux analystes. La proposition de plafonner la population suisse intervenait dans un contexte de soutien croissant aux politiques de limitation de l’immigration en Europe.

Que signifie ce rejet ?

L’adoption de cette proposition aurait de facto plafonné l’immigration, puisqu’elle concernait la population totale du pays.

Plus précisément, elle aurait restreint le droit d’asile, limité le droit au regroupement familial et rapproché la Suisse de la fin de son accord de libre circulation avec l’Union européenne. Cet accord permet la réciprocité des droits de vivre et de travailler au-delà des frontières, même si la Suisse n’est pas membre de l’UE.

Le rejet de la proposition a soulagé le monde des affaires. Les organisations patronales ont salué ce résultat, soulignant qu’un plafonnement de la population aurait limité l’entrée de travailleurs étrangers, nui à l’économie et tendu les relations avec Bruxelles, d’autant plus que l’UE est le principal partenaire commercial de la Suisse.

L’Association suisse des entreprises (Economisuis) a exhorté le gouvernement suisse à tirer parti de ce résultat pour ratifier l’accord conclu avec Bruxelles fin 2024 en vue de renforcer les liens économiques bilatéraux. De son côté, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré que Bruxelles et Berne continueraient de collaborer pour le bien de leurs citoyens et de leurs entreprises.

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