Avant sa mort, Anny Duperey avoue pourquoi elle a refusé le mariage

Dans le paysage feutré des hommages et des souvenirs attendris, il est des phrases qui claquent comme des portes en pleine nuit. Celle d’Anny Duperey appartient à cette catégorie rare. À l’heure où l’on croyait tout savoir de l’actrice, de l’écrivaine, de la figure familière du petit écran, elle a choisi de lever le voile sur une décision intime qui, soudain, reconfigure toute sa légende : elle n’a jamais voulu se marier. Et elle ne l’a jamais regretté.
Ce n’est pas une confidence anodine. C’est un manifeste.
Née en 1947 à Rouen, Anny Duperey s’est imposée comme l’un des visages les plus aimés du cinéma, du théâtre et de la télévision française. Actrice caméléon, elle a traversé les décennies avec cette élégance nerveuse qui la rendait à la fois proche et insaisissable. Sur scène, elle embrasait les rôles. À l’écran, elle savait passer de la comédie lumineuse au drame le plus âpre. Dans ses livres, elle sondait la mémoire, la perte, les cicatrices invisibles.
Mais derrière la carrière brillante, une question persistait, tenace comme un refrain : pourquoi n’avait-elle jamais franchi le pas du mariage ?
Pendant des années, elle esquivait. Une pirouette, un sourire, une formule d’esprit. Le public souriait avec elle. Les journalistes notaient sans insister. Le mystère entretenait l’aura. Puis, dans une confession tardive, presque crépusculaire, elle a décidé de ne plus détourner le regard.
« Le mariage n’a jamais été une option », aurait-elle confié avec une franchise désarmante. Ni bague, ni promesse solennelle, ni contrat scellé devant témoins. Ce qu’elle revendiquait, c’était la liberté. Une liberté affective autant qu’existentielle.
Pour elle, le mariage représentait un carcan. Une cage dorée, disait-elle en privé. Un cadre social qui, sous couvert de stabilité, enferme plus qu’il ne protège. « J’avais besoin d’aimer comme on respire », expliquait-elle. Sans rendre de comptes. Sans chaîne. Sans assignation à résidence sentimentale.
Ces mots, une fois rendus publics, ont agi comme une déflagration.
Les réseaux sociaux se sont embrasés. Les plateaux de télévision ont multiplié les débats. Était-elle une pionnière de la liberté amoureuse ou l’incarnation d’un refus d’engagement ? Une femme en avance sur son temps ou une éternelle fuyante ?
Dans certaines tribunes, on a dressé un parallèle audacieux avec Simone de Beauvoir, figure tutélaire d’une pensée affranchie des conventions. Comme Beauvoir, Duperey aurait refusé de confondre amour et propriété, passion et possession. Elle n’a pas rejeté l’amour, insistent ses défenseurs. Elle a rejeté l’institution.
Les critiques, eux, dénoncent une idéalisation dangereuse de l’instabilité. « À force de refuser l’engagement, n’a-t-elle pas fui l’amour lui-même ? » interroge un éditorialiste conservateur. Sur les réseaux, les commentaires se polarisent. Certains saluent le courage d’une femme fidèle à elle-même jusqu’au bout. D’autres parlent d’une vie trop légère, trop volatile.

la suite dans la page suivante