Le corps enseignant a payé un lourd tribut au passage des années. Hubert Deschamps, qui jouait Léon Jumaucourt, le professeur de sciences et d’anglais un peu dépassé, nous a quittés dès 1998. Son flegme et ses expressions restèrent des moments forts du film. Tonie Marshall, qui interprétait Catherine Jumaucourt, la professeur d’histoire-géographie, nous a également quittés en 2020. Fille de l’actrice Micheline Presle, elle avait su s’imposer non seulement comme actrice mais aussi comme une réalisatrice de renom, étant la seule femme à avoir reçu le César du meilleur réalisateur.
Plus récemment, c’est le “colosse” du film qui nous a dit adieu. Dominique Hulin, l’inoubliable Bruce, le professeur de sport aux méthodes pour le moins musclées, est décédé en août 2023 à l’âge de 71 ans. Sa stature impressionnante et son regard perçant cachaient un homme passionné par la transmission, lui qui s’était investi dans la réinsertion des jeunes par les arts du spectacle. Ses obsèques ont eu lieu en Bretagne, à Glénac, marquant la fin d’une époque pour les fans de ses apparitions musclées à l’écran.

On ne peut oublier non plus les seconds rôles, ces visages familiers que l’on retrouve avec plaisir à chaque rediffusion. Raymond Bussières, le doyen des élèves, Gaston Pourquier, nous a quittés très tôt, en 1982. Philippe Taccini, qui jouait Julien, le meilleur ami de Bébel, a connu un destin tragique en disparaissant prématurément dans un accident de voiture à l’âge de 28 ans. Cette disparition brutale rappelle que derrière l’insouciance des jeunes cancres de 1980 se cachent parfois des réalités bien plus sombres.
La liste continue avec Étienne Draber, le père de Julien, emporté par les complications liées au Covid-19 en 2021 à l’âge de 81 ans. Henri Attal, le serveur Mohamed, et Mohamed Zinet, le terroriste malchanceux, font également partie de ces étoiles éteintes. Tout comme Odile Poisson, qui incarnait la juge, Jean Cherlian, le père de Gaëtan, ou encore Georges Anderson, le père de Togo. Chacun, à sa manière, a contribué à faire des “Sous-doués” ce film choral où chaque réplique fait mouche.
En septembre 2024, une nouvelle triste est venue s’ajouter à ce palmarès de la nostalgie : la disparition de Didier Kaminka à l’âge de 81 ans. Scénariste, acteur et réalisateur, il était l’un des piliers de cette équipe et avait grandement contribué à l’esprit comique du film. Sa mort rappelle que c’est toute une génération de créateurs et de comédiens qui s’efface peu à peu.
Il est fascinant et bouleversant de voir comment un film aussi joyeux peut devenir, avec le temps, un sanctuaire de souvenirs. En regardant à nouveau les scènes de la machine à apprendre ou les astuces de triche plus ingénieuses les unes que les autres, on ne peut s’empêcher d’avoir une pensée pour ces artistes. Ils ne sont plus là pour entendre nos rires, mais leur travail continue de vivre. Chaque diffusion des “Sous-doués” à la télévision est une victoire contre l’oubli, une manière de dire que ces douze acteurs ne sont pas seulement partis, mais qu’ils restent, pour l’éternité, les professeurs et les parents les plus drôles de notre histoire cinématographique.
Que ce soit au cimetière de Montmartre, en Bretagne ou ailleurs, ces lieux de repos sont désormais les gardiens d’un talent qui n’a pas pris une ride. En tant que spectateurs, notre plus bel hommage est de continuer à partager ce film, à rire de bon cœur devant leurs pitreries et à transmettre cet humour aux nouvelles générations. Car si les acteurs s’en vont, les “Sous-doués”, eux, ne mourront jamais. Ils restent nos éternels camarades de classe, ceux avec qui l’on aimerait encore et encore tenter de décrocher ce bac impossible, juste pour le plaisir de les voir une dernière fois nous faire rire.
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