Je lui ai dit que j’y réfléchirais, puis j’ai raccroché.
Cette semaine-là, je n’ai pas bien dormi. J’ai tourné la question dans ma tête bien plus que je n’aurais aimé l’admettre. Je me suis demandé si elle avait raison, si j’en faisais trop, si j’étais devenue, sans m’en rendre compte, quelqu’un qui prenait trop de place.
Je suis restée trop longtemps devant le miroir à chercher le problème.
Puis je me suis arrêtée.
Ne plus se réduire pour rassurer les autres
Ce que j’étais en train de faire, c’était exactement ce que j’avais fait pendant treize ans de mariage : transformer le malaise de quelqu’un d’autre en défaut personnel à corriger.
Je suis allée à la fête avec la robe bordeaux.
Je ne l’ai pas fait pour provoquer. Je l’ai fait parce que cette robe était à moi, parce qu’elle me faisait me sentir bien, et parce que j’avais décidé que je ne redeviendrais pas plus petite pour qu’une autre personne se sente plus grande.
Quand Inês m’a vue arriver, son visage a tout dit. Il n’y a pas eu de scène. Ce n’est le style d’aucune de nous deux. Mais quelque chose a changé ce soir-là.
J’ai parlé avec des gens, j’ai dansé un peu, je lui ai souhaité un anniversaire avec une étreinte sincère. Puis je suis partie assez tôt, parce que je devais me lever tôt le lendemain.
Une amitié face à un nouveau miroir
Sur le chemin du retour, j’ai repensé à ces seize années. À toutes les fêtes où j’avais été le décor. À toutes les photos où j’étais « l’amie d’Inês ». À toutes les fois où j’avais attendu, sans jamais le dire, que quelqu’un me demande comment j’allais, moi.
Je ne sais pas si notre amitié survivra à cela. Nous nous parlons encore, mais avec cette distance nouvelle qui apparaît quand quelque chose a été dit à voix haute et ne peut plus être effacé.
Ce que je sais, en revanche, c’est que je ne recommencerai pas à m’effacer pour que quelqu’un d’autre brille davantage.
Je l’ai appris seule. Tard, peut-être. Mais je l’ai appris.
À retenir
- Une amitié ne devrait pas exiger qu’une personne reste dans l’ombre pour que l’autre se sente importante.
- Changer après une séparation peut être une manière de se retrouver, pas de chercher à attirer l’attention.
- Le malaise d’une autre personne ne doit pas toujours devenir une faute à corriger chez soi.
- Une vraie relation laisse de la place aux deux personnes, sans demander à l’une de se réduire.
Et vous, pensez-vous que certaines amitiés ne fonctionnent que si l’une des deux personnes reste moins visible que l’autre ? Ou croyez-vous qu’une amitié sincère devrait offrir assez de place pour que chacune existe pleinement, sans avoir à s’effacer ?
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