Nathalie Baye à 77 ans : un scénario bouleversant et glaçant — ses derniers instants imaginés, et ces mots déchirants qui hantent Laura Smet : “Qui êtes-vous ?”

À 77 ans, elle avançait dans le silence comme on traverse un couloir sans fin, un lieu où les souvenirs se referment les uns après les autres comme des portes que l’on n’arrive plus à rouvrir. Autour d’elle, tout semblait encore familier : la lumière douce sur les rideaux, le bruit presque imperceptible d’une tasse que l’on pose sur une table, le parfum discret d’une maison pleine de vie ancienne. Et pourtant, quelque chose s’était déjà brisé. Ce n’était pas une chute soudaine, ni un drame éclatant comme au cinéma. C’était pire, sans doute. C’était une lente disparition, presque invisible, une manière de s’éloigner du monde tout en restant là, assise, présente en apparence, mais déjà emportée ailleurs.

Ce scénario bouleversant et glaçant n’avait rien d’une fiction pour ceux qui l’aimaient. Il y avait dans ses regards perdus, dans ses absences soudaines, dans ses silences trop longs, quelque chose d’insoutenable. Par instants, son visage retrouvait l’éclat de celle qu’elle avait été : une femme forte, libre, traversée de grâce, capable d’imposer le silence par une simple présence. Puis, sans prévenir, le voile retombait. Ses yeux semblaient chercher un repère qui lui échappait. Les mots s’effritaient. Les visages se brouillaient. Les gestes les plus simples devenaient des territoires inconnus. Ceux qui restaient près d’elle vivaient alors ce supplice étrange : retrouver celle qu’ils aimaient pendant quelques secondes, avant de la perdre de nouveau dans le même regard.

Pourquoi Laura Smet n'a-t-elle jamais souhaité prendre Hallyday, le nom de  scène de son père ? | Télé 7 Jours

Le plus terrible, dans ces derniers temps imaginés, n’est pas la mort elle-même. C’est tout ce qui la précède. C’est l’effacement progressif. C’est cette impression que l’être aimé s’éloigne par fragments, sans bruit, sans colère, sans même comprendre qu’il s’en va. Une mère peut être encore là, respirer, sourire parfois, poser la main sur une joue, et pourtant ne plus reconnaître le monde qu’elle a tant aimé. Il y a là une cruauté que peu de mots peuvent contenir. Car on ne pleure pas seulement quelqu’un qui disparaît. On pleure aussi quelqu’un qui est encore là, mais que l’on ne peut déjà plus atteindre.

la suite dans la page suivante

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *