En parallèle de ce changement de loi, le débat public s’empare de la question de la liberté. Elle continue de peser sur les femmes dans la sphère privée. Les témoignages se multiplient pour dénoncer l’idée qu’aimer impliquerait de se “sacrifier” sexuellement, au nom de la paix du couple. Cette évolution juridique s’inscrit ainsi dans un mouvement plus large de remise en cause des normes héritées. Le corps des femmes n’est plus considéré comme une obligation conjugale, mais comme un espace de choix et d’autonomie.
Sophie Marceau, un parcours de femme dans un monde qui change

C’est dans ce contexte que Sophie Marceau revient au premier plan, à la fois sur scène avec la pièce La Note. Longtemps perçue comme l’icône adolescente de La Boum, l’actrice s’affirme aujourd’hui comme une voix. Elle interroge notre manière de penser la féminité. Dans un entretien accordé au magazine belge L’Echo et relayé par Elle, la comédienne confie avoir grandi à une époque où “la situation était très différente pour les femmes”. Elle raconte qu’adolescente, elle avait “peu d’assurance”.
Cette description d’une jeunesse marquée par la retenue et le non‑dit contraste avec la femme qu’elle est devenue. En regardant sa trajectoire, on mesure le chemin parcouru par toute une génération. Une génération passée d’une culture du silence à une prise de parole plus frontale sur l’intimité et les inégalités. L’abandon législatif du “devoir conjugal” vient d’ailleurs donner une résonance particulière à ce basculement…
“On apprend aussi à être femme…” : la leçon de Sophie Marceau
Si Sophie Marceau parle autant aux Français, c’est qu’elle ne se contente pas de slogans. La comédienne de 59 ans décortique ce qui, dans nos histoires, façonne notre vision de la féminité. Sans langue de bois, elle explique ainsi qu’elle a appris à être une femme en “regardant les autres femmes”. Mais aussi grâce à tout un patrimoine culturel. “On apprend aussi à être femme en héritant de textes, d’histoires”, confie‑t‑elle, comme pour rappeler que les livres, les récits et les modèles transmis jouent un rôle décisif dans la manière dont une femme se représente son propre corps, ses désirs et ce qu’elle “doit” ou non à l’autre. Dans une époque où la loi affirme enfin qu’aucune épouse n’a à se plier à un devoir conjugal, cette phrase prend une portée particulière.
L’actrice va plus loin en affirmant que “la femme n’est plus soumise et enfermée à la maison”. Les femmes sont “très connectées”, plus conscientes de leurs droits et plus solidaires. Elle prévient cependant que ce changement ne pourra se faire que si “l’homme empiète sur ses privilèges”. Toutefois, il ne faut pas tomber dans un face‑à‑face agressif. “Il ne faut pas que ça se passe dans l’antagonisme, mais dans la discussion”, martelle-t-elle. Sophie Marceau souligne aussi que “les hommes n’ont pas les armes non plus” et qu’on les a, eux aussi, enfermés “dans des carcans stupides”.