Le sourire était éclatant, les costumes étincelants et les chansons faisaient vibrer la France entière. Pourtant, derrière le rideau de paillettes de l’idole absolue des années 60, Claude François, se cachait une réalité bien plus sombre, faite d’emprise, de jalousie maladive et de tyrannie. Des années après leur rupture, France Gall a fini par lever le voile sur ce qu’elle a réellement vécu aux côtés de “Cloclo”. En quatre mots simples mais dévastateurs — « Claude n’était pas facile » — elle a résumé un calvaire que peu de gens soupçonnaient à l’époque.
Une rencontre sous le signe de la clandestinité
Tout commence en 1964. France Gall n’a que 17 ans, elle est la jeune ingénue de la pop française. Claude François, de huit ans son aîné, est déjà une star établie, bien qu’encore officiellement marié à la danseuse Janet Woollacott. Pour protéger l’image de l’idole des jeunes, leur relation doit rester secrète. France Gall accepte l’inacceptable : elle se cache, porte des perruques brunes pour ne pas être reconnue et vit dans l’ombre d’un homme qui refuse de l’assumer publiquement. C’était le premier signe d’une relation où elle n’avait pas son mot à dire.
Le traumatisme de l’Eurovision : “Tu as gagné, mais tu m’as perdu”
Le point de rupture psychologique le plus célèbre survient le 20 mars 1965. France Gall remporte l’Eurovision à Naples avec “Poupée de cire, poupée de son”. À seulement 17 ans, elle touche les étoiles. Tremblante de joie, elle appelle l’homme qu’elle aime pour partager son triomphe. La réponse de Claude François est d’une cruauté inouïe : il hurle qu’elle a chanté faux, qu’elle a été lamentable et conclut par un cinglant « Tu as gagné, mais tu m’as perdu », avant de raccrocher. Anéantie, la jeune fille retourne sur scène en larmes, non pas de joie comme le croyait le public, mais parce que son compagnon venait de la briser au moment le plus important de sa carrière.
La prison dorée et la séquestration
Plus le temps passe, plus l’emprise de Claude François se fait physique et étouffante. Des témoignages récents, notamment ceux de Michel Drucker et du journaliste Grégoire Collard, décrivent un homme d’un égocentrisme monstrueux. Le récit le plus effrayant concerne les séjours dans sa maison de campagne : jaloux de tout et de tout le monde, Claude François allait jusqu’à enfermer France Gall à clé dans la propriété lorsqu’il devait s’absenter. Il lui interdisait même de se promener dans le parc de peur qu’elle ne croise le jardinier, pourtant âgé, sous prétexte que « c’est un homme ».
Cette paranoïa a eu des conséquences directes sur la carrière de la chanteuse. En 1968, elle refuse un rôle en or au cinéma aux côtés d’Alain Delon simplement parce qu’une scène de baiser était prévue et qu’elle redoutait la réaction violente de Claude. Elle a préféré sacrifier son avenir d’actrice pour acheter une paix fragile dans son couple.

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