
Les yeux de l’aîné se remplirent de larmes. « Tu savais ? » Leur père semblait brisé. « Pas avant aujourd’hui. » Hélèna tenta de se redresser malgré sa faiblesse.
« J’ai essayé de partir… » murmura-t-elle. « Le jour où j’ai reconnu la marque de naissance sur son épaule, j’ai essayé de quitter cette maison pour toujours.
Mais votre grand-mère a trouvé le médaillon. Elle m’a dit que si je vous révélais la vérité, à l’un ou à l’autre, elle me ferait disparaître et je ne vous reverrais jamais. »
Le plus jeune devint livide. « Notre grand-mère le sait ? » Hélèna hocha doucement la tête. Et c’est à ce moment-là qu’ils entendirent— le bruit lent de talons sur le tapis rouge derrière eux.
Les quatre se retournèrent.
Au bout du couloir, sous la lumière du lustre, se tenait la grand-mère, élégante, vêtue de noir, gantée de soie, calme comme si elle avait écouté assez longtemps pour savoir exactement ce qui venait d’être révélé.
Son regard se posa d’abord sur le médaillon ouvert. Puis sur le bracelet. Puis sur Hélèna. Et enfin sur son fils. Un sourire à peine perceptible, glacé, effleura ses lèvres.
« Je vous avais prévenu », dit-elle doucement. Puis ses yeux se posèrent sur les garçons. « Vous n’auriez jamais dû découvrir lequel d’entre vous était destiné à être vendu. »
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