Il resta immobile, tel une statue, le regard inébranlable. Peu à peu, les villageois reprirent leur calme, mais personne n’osa s’approcher.
Ils essayèrent de le chasser en criant et en agitant les bras, mais l’animal semblait sourd à toutes leurs tentatives. Il demeura là, face au cercueil, comme si le reste du monde avait disparu.
Lorsque vint le moment des adieux, un geste extraordinaire et bouleversant se produisit. Le cheval abaissa la tête et poussa un long hennissement plaintif, comme un cri de douleur.

Puis, à l’étonnement général, il leva son sabot avant et frappa doucement le couvercle du cercueil. Une fois. Puis une seconde fois.
Le son creux du sabot sur le bois résonna dans le silence, comme si l’animal voulait appeler celui qui reposait à l’intérieur, pour le réveiller d’un sommeil éternel.
La foule retint son souffle, à peine capable de respirer. Une vieille femme, la voix tremblante, murmura : « C’est son cheval… »
Les souvenirs revinrent alors. L’homme dans le cercueil — ce vieil homme bienveillant du village — avait élevé ce cheval depuis qu’il était un fragile poulain.
Ils étaient inséparables. Il l’avait nourri, soigné et promené même pendant les hivers les plus rigoureux. Le cheval était son unique véritable compagnon, aimé comme un membre de la famille.
Tout devint clair. Le cheval n’était pas venu par hasard ni par folie. Il avait senti la perte. Depuis le fond de la forêt, il était venu dire adieu à son maître.
La cérémonie prit fin, et les villageois s’éloignèrent en silence, mais le cheval resta, la tête inclinée près du cercueil. Personne n’osa le conduire ailleurs.
Il demeura là, silencieux, comme un gardien veillant sur l’ami disparu à jamais.
Sous la lumière déclinante du soleil couchant, sa silhouette projetait une ombre sur la terre, symbole d’une fidélité et d’un amour qui transcendaient les limites de la vie et de la mort.
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