“Le pilote ne semble pas avoir entendu” les alertes des moniteurs
Les avions de tourisme de taille modeste ne sont que rarement équipés de boîtes noires ou d’enregistreurs de vol. En revanche, les moniteurs de parachutisme portaient des caméras pour immortaliser l’expérience. Le BEA a pu exploiter ces images ainsi que le son qui montrent un dégagement de fumée au décollage. “Le pilote s’aligne depuis la bretelle B de la piste 21 de l’aérodrome de Nancy-Essey, puis décolle pour une sixième rotation depuis le début de la journée avec 10 parachutistes à bord“, a établi ce rapport préliminaire dévoilé jeudi 23 juillet 2026.
Les vidéos montrent un moniteur situé à l’arrière s’exclamer “Ça fume !“, tout en indiquant la partie avant droite de la cabine. “Le pilote, qui ne semble pas avoir entendu cette annonce, poursuit le décollage. Un autre moniteur situé au milieu de la cabine s’exclame également ‘ça fume !‘ en montrant la même zone vers le plancher“, détaille le rapport. Les moniteurs auraient alors décidé d’ouvrir la porte latérale de l’appareil pour ventiler la cabine.L’enquête du BEA a également permis d’établir une “fluctuation” de la puissance du moteur, puis une augmentation de l’assiette (l’angle entre la trajectoire de l’avion et l’horizontale) et le déclenchement de l’alarme de décrochage. Celle-ci signifie soit que l’appareil n’a plus assez de vitesse, soit que son angle d’incidence est trop important. “Le pilote vire à gauche avec une assiette importante et l’alarme sonore de décrochage s’active de manière continue. L’avion décroche de façon dissymétrique et entre en collision avec le sol“, établit le rapport. Ces premières révélations, si elles semblent évoquer un problème mécanique au décollage, ne constituent cependant pas des conclusions définitives.