Endeuillée par la tuerie de San Diego, la communauté musulmane dans l’incompréhension

Une communauté locale sidérée
Face à ces questions, les musulmans de San Diego restent sidérés. Beaucoup apportent des fleurs, mais sont trop choqués pour s’exprimer : ils esquissent un bout de phrase avant de fondre en larmes ou de se murer dans le silence.

Avec ses palmiers jouxtant le minaret et ses pavillons en bord d’autoroute, cette banlieue multiculturelle semble banale.

La mosquée servait de bureau de vote, et attirait des fidèles du Moyen-Orient, d’Asie, d’Afrique ou d’Europe. Son imam participait à des prières oecuméniques avec la pasteure d’une Église protestante de la ville.

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“Cette communauté musulmane, ce sont vraiment de bonnes personnes, vous savez”, explique Katelynn Fisk, une voisine promenant son chien. “Ils ne traitent jamais qui que ce soit comme quelqu’un de différent, même si la personne ne partage pas leurs croyances.”

“On se sentait en sécurité ici”, abonde Imane Khatib. “Je ne comprends pas pourquoi nous avons été visés.”

Sous son voile, cette assistante scolaire de 31 ans éclate en sanglots devant la guérite de l’agent de sécurité qui a donné sa vie pour éviter un carnage.

C’est lui qui s’est interposé et a alerté les professeurs via son talkie-walkie pour leur dire de barricader les classes, explique l’imam Taha Hassane.

Plus d’une centaine d’enfants étaient en cours, selon l’homme de foi. Sans son courage, “la situation serait bien pire”.

Actes islamophobes sporadiques
Comme beaucoup de lieux de cultes aux États-Unis, la mosquée subissait des actes islamophobes sporadiques, notamment depuis les attentats du 11 septembre 2001, retrace l’imam.

Plus récemment, la guerre à Gaza et celle en Iran avaient suscité de nouvelles lettres hostiles, sans pour autant inquiéter outre mesure.

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“Nous avons déjà reçu par le passé des messages de haine, du courrier haineux, des gens qui passaient en voiture pour nous maudire et nous insulter”, résume Taha Hassane. “Mais des tireurs, je veux dire, cela ne nous avait jamais traversé l’esprit.”

Abasourdi, l’imam blâme le “manque d’éducation” concernant l’islam et les “responsables politiques, qui déshumanisent les musulmans et déshumanisent chaque minorité, les Noirs, les Latinos”.

Une explication à laquelle se raccrochent aussi les voisins.

“C’est de la pure ignorance et de la haine de la part de deux jeunes qui étaient très perdus”, reprend Katelynn Fisk, incapable de réaliser que le garde à qui elle disait bonjour chaque matin a disparu.

“Je mets ça à 100 % sur le compte des réseaux sociaux et d’internet, des choses comme Reddit, comme TikTok”, avance-t-elle. Car les jeunes y croisent des discours haineux “et sont confortés encore et encore à cause de l’algorithme.”

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