Pendant longtemps, l’avancée en âge s’est résumée à une alternative étroite : rester seul chez soi ou intégrer un établissement spécialisé. À Albi, une autre voie se dessine, plus souple, plus humaine aussi. La colocation entre seniors s’installe progressivement dans le paysage, portée par ceux qui refusent de choisir entre indépendance et vie sociale. Derrière ce modèle, une promesse simple : continuer à vivre chez soi, sans vivre seul.
Évelyne en parle avec une franchise désarmante, dans les colonnes de La Dépêche. Après la disparition de son mari, son « amour de toujours », elle a poursuivi sa vie à Saint-Sulpice pendant treize ans. Une période longue, marquée par une solitude diffuse, malgré la présence régulière de ses enfants et de sa petite-fille. Peu à peu, l’envie s’est effacée. « Je n’avais plus envie de rien », a-t-elle confié. Le constat est brut, mais il résume à lui seul ces années qui se sont étirées sans véritable relief.
Un isolement qui pèse sur le quotidien des seniors
Les journées finissaient par se ressembler, et avec elles, un sentiment d’ennui difficile à combattre. « C’était long. Il m’arrivait souvent de pleurer tellement je m’ennuyais », a-t-elle partagé à nos confrères. Même entourée, Évelyne avait le sentiment de peser sur ses proches, tous pris par leurs propres contraintes. Elle le formule avec pudeur, consciente que chacun a sa vie, et qu’elle ne voulait pas devenir une charge supplémentaire.
Le basculement intervient après des problèmes de santé, un AVC puis la découverte d’un diabète. À ce moment-là, rester seule n’est plus une option. Mais une autre perspective l’angoisse tout autant. « Je ne pouvais plus rester isolée. Sauf que je ne voulais pas non plus aller en Ehpad, ça me terrifiait ». L’idée d’un cadre trop médicalisé, trop contraignant, ne correspondait pas à ce qu’elle souhaitait pour la suite.
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Chez ces seniors, la solitude s’installe malgré l’entourage, jusqu’à devenir insupportable, sans pour autant rendre l’Ehpad envisageable
Pour ces seniors, l’habitat partagé change tout
La découverte de l’habitat partagé agit alors comme une évidence. À peine installée dans cette résidence dédiée à la colocation entre seniors, Évelyne retrouve un élan qu’elle croyait perdu : « C’est vraiment ce que je cherchais, et grâce à ça, je me suis fait plein de copains ». Les échanges spontanés, les discussions dans les espaces communs, les allées et venues redonnent une structure aux journées.
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