Ce que les pompiers observent vraiment sur un feu de forêt, et ce que dit la science
Face à ces affirmations, le ton d’Éric Brocardi, porte-parole de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France, est sans détour : “C’est n’importe quoi. Aucune étude ne prouve qu’une couleur a, plus qu’une autre, le moindre effet face à un incendie”, expliquait-il au Parisien. Il rappelle que, sur le terrain, un feu progresse de façon chaotique, porté par le relief, la végétation et surtout le vent.
Les flammes peuvent “sauter” une zone et laisser des îlots intacts, ce que les spécialistes appellent la différence entre espace parcouru et espace brûlé. Pour les pompiers, la seule couleur qui compte vraiment est le rouge des produits retardants à base de phosphate d’ammonium, largués par les Canadair afin de marquer et protéger des bandes végétales stratégiques.
Sur la couleur, la physique nuance aussi. Les surfaces claires renvoient davantage de lumière, phénomène d’albédo, mais avec un laser assez puissant, la nuance disparaît. “Un faisceau suffisamment puissant pour allumer un grand incendie brûlerait simplement un matériau de n’importe quelle couleur”, explique Iain Boyd, directeur du Center for National Security Initiatives. Une piscine en PVC peut donc survivre surtout parce qu’elle contient de l’eau, qu’elle est éloignée de la végétation ou qu’un couloir de feu l’a simplement contournée, sans magie du bleu.